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Kassim Doumbia, un immigré ivoirien, premier maire noir du Nouveau-Brunswick !

Choses passées inaperçues, un Ivoirien arrivé au Canada en tant qu’étudiant a été élu maire de la ville francophone de Shippagan en 2021, et vient d’être élu, en juin dernier, président de l’Association francophone des maires de la province du Nouveau-Brunswick. Kassim Doumbia est ainsi devenu le cinquième Noir né à l’étranger à occuper la fonction de maire au Canada, à chaque fois dans une ville francophone, et le premier au Nouveau-Brunswick, une des deux provinces canadiennes où le français est une langue officielle, avec le Québec.

Par Ilyes Zouari

Né en Côte d’Ivoire et ayant passé une partie de sa jeunesse au Sénégal, Kassim Doumbia a émigré vers le Canada en l’an 2000 pour étudier à l’Université de Moncton. Un établissement francophone situé dans la ville officiellement bilingue du même nom (français-anglais), et capitale économique de la province du Nouveau-Brunswick, dont elle est également la plus grande ville.

 

Premier maire noir du Nouveau-Brunswick

Après s’être impliqué assez rapidement dans la vie politique locale, Kassim Doumbia finit par se faire élire maire de Shippagan, en mai 2021, avant de se faire réélire en novembre 2022, juste avant l’entrée en vigueur des fusions municipales ayant entrainé l’intégration de quelques localités voisines à cette petite ville du nord-est de la province. Celle-ci compte désormais 4 000 habitants, et jouit d’une certaine notoriété internationale en étant l’une des trois villes à abriter un campus de l’Université de Moncton (avec Edmundston, localité francophone du nord-ouest, et Moncton, dans le sud-est). De plus, et grâce à l’excellente réputation qu’il s’est forgé, Kassim Doumbia vient également d’être élu, le 26 juin dernier, président de l’Association francophone des maires du Nouveau-Brunswick (AFMNB), où sont représentées les nombreuses municipalités francophones de cette province officiellement bilingue.

En se faisant élire à Shippagan, Kassim Doumbia est ainsi devenu le premier maire noir du Nouveau-Brunswick. Par la même, il est également devenu le premier maire noir de l’histoire du Canada à être né en Afrique, et le cinquième maire noir né à l’étranger, après quatre autres élus nés en Haïti. Ces derniers étaient Saint-Firmin Monestime (élu maire de Mattawa, en Ontario, en 1964), René Coicou (maire de l’ancienne ville québécoise de Gagnon, pendant 12 ans, de 1973 à 1985), Ulrich Chérubin (maire de la ville québécoise d’Amos de 2002 à son décès en 2014, lors de son quatrième mandat), et Michel Adrien (maire de la ville québécoise de Mont-Laurier, de 2003 à 2017, pendant 14 ans). Aujourd’hui encore, Kassim Doumbia demeure le seul maire noir du Nouveau-Brunswick, et le cinquième maire noir né à l’étranger au Canada.

Il est d’ailleurs à noter que ces cinq maires ont tous pour autre point commun d’avoir été élus dans une ville canadienne francophone : trois au Québec, une au Nouveau-Brunswick et une en Ontario (la ville de Mattawa étant une ville principalement francophone lors de l’élection de son maire d’origine haïtienne, en 1964, avant de devenir plus tard majoritairement anglophone, tout comme de nombreuses petites villes majoritairement anglophones du Québec sont devenues majoritairement francophones au cours des dernières décennies).



Une province ouverte à l’immigration francophone internationale

L’élection de Kassim Doumbia ne constitue pas une réelle surprise dans cette province côtière accueillante de l’Est du Canada. Aussi vaste que la Belgique et les Pays-Bas réunis, bien qu’étant une des plus petites provinces du pays, le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada (le Québec n’ayant que le français pour langue officielle). Sa population francophone représente le tiers de ses près de 900 000 habitants, et à l’avantage de se concentrer dans l’est et le nord du territoire, dans lesquels elle est fortement majoritaire. 

Ces régions francophones correspondent à ce que l’on appelle l’Acadie du Nouveau-Brunswick (soit la partie néo-brunswickoise de l’ancien territoire de la l’Acadie française, perdu par la France au profit de l’Angleterre en 1763). L’agglomération de Moncton constitue la zone la plus dynamique de la province (et en particulier la municipalité bilingue de Moncton et la municipalité francophone voisine de Dieppe), comme le démontre notamment sa forte croissance démographique de 20 % sur les cinq dernières années, une des progressions les plus rapides au monde pour une agglomération de plus de 100 000 habitants (celle de Moncton comptant désormais plus de 195 000 habitants).

Désormais confrontée à une importante pénurie de main-d’œuvre, à cause du vieillissement de la population et de son dynamisme économique, le Nouveau-Brunswick encourage désormais fortement l’immigration internationale, et notamment l’immigration francophone. Celle-ci peut se faire à travers de nombreux programmes provinciaux et fédéraux, et en particulier via le programme Entrée express qui représente, à lui seul, plus de 70 % des plus de 30 000 places allouées par année par le gouvernement fédéral canadien à l’immigration francophone hors Québec. Un quota qui a été multiplié par quatre depuis 2021, afin de consolider les communautés francophones situées en dehors du Québec, et ce, dans le double objectif de renforcer l’unité nationale du Canada et d’affirmer une identité distincte de celle des États-Unis (qui veulent, justement, annexer le pays…).

Dans ce cadre, le Nouveau-Brunswick constitue incontestablement le meilleur choix pour l’immigration francophone hors Québec, compte tenu de son caractère officiellement bilingue, de la présence de nombreuses localités totalement ou majoritairement francophones, et de sa proximité avec le Québec, qui lui est frontalier. Par ailleurs, et dans un autre registre, le Nouveau-Brunswick est également la province canadienne dotée des meilleures plages et des eaux les plus chaudes du pays (que l’on retrouve au niveau de la ville francophone de Shediac, dans le sud-est près de Moncton).  

Source : https://www.cermf.org/nouveau-brunswick-un-immigre-ivoirien-elu-maire-et-president-de-lassociation-des-maires-francophones

 

Ilyes Zouari

Sa biographie

Chercheur indépendant, expert en démographie et en géopolitique, et spécialiste du monde francophone.

Président fondateur du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).

Auteur de nombreux articles et rapports, ancien collaborateur et membre de l’équipe dirigeante de la revue Population1 & Avenir, et auteur du « Petit dictionnaire du Monde francophone » (éditions L’Harmattan, 2015).

Le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone)

91 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris

+33 (0)1 41 51 20 59

Adresse-courriel : info@cermf.org

Présence sur la Toile : www.cermf.org 

 

 

 




Publié par Régis RAVAT le 23 septembre 2026

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