Québec : Henriette contre l'imposition de l'anglais : un exemple à suivre !
Voici l'histoire d'une Québécoise, Henriette, qui a refusé l'anglais que voulait lui imposer un client anglophone dominateur et arrogant qui se croyait tout permis de lui parler en anglais, comme si le Québec était un pays anglophone où l'anglais allait de soi.
L'exemple d'Henriette, qui a répondu en français à ce client anglophone, alors qu'il insistait pour être servi en anglais, montre bien les tensions qu'il y a au Québec où les Francophones depuis plus de trois siècles doivent se battre tous les jours pour affirmer le français dans leur pays.
Espérons qu’en France, avec l’enseignement généralisé de l’anglais obligatoire dans nos écoles, on n’en arrive pas, comme au Québec, à être considérés comme des bilingues français-anglais au point de devoir faire de la résistance pour ne pas être obligés de parler anglais pour vivre et travailler, alors qu’on prétextera que nul n’est censé ignorer cette langue puisque tout le monde l’aura apprise dès son plus jeune âge à l’école. Le bilinguisme à sens unique, en faveur de l’anglais, pourrait donc un jour arriver aussi en France, le Québec nous ayant précédés d'une ou deux générations. Soyons donc vigilants et, en cela, ouvrons nos écoles aux langues étrangères au pluriel et non au seul anglais au singulier. Henriette est vendeuse dans une chaîne de magasin Wallmart près de Montréal et elle s'est retrouvée face à un client qui voulait l'obliger à parler anglais. Henriette lui propose en français d'aller chercher un collègue anglophone. Le client s'offusque. Il la malmène. Henriette, droite dans sa blouse bleue, ne se démonte pas, et reste aimable, alors même que l'homme la filme sans lui demander son avis, et quand elle lui demande "pourquoi il la filme" et il lui répond "parce que vous êtes ridicule" ! Il lui lance même "Je veux que tes patrons et les autres gens aussi voient le genre de service qu'on reçoit chez Wallmart" ! La vidéo de dénonciation est surtout devenue la preuve qu'Henriette a fait son boulot ou "sa job" comme on dit au Québec de manière exemplaire, puisque la Charte de la langue française, remise à jour en 2024, accorde aux employés le droit fondamental de travailler en français dans la province. Un employé ne peut être blâmé pour ne pas servir un client en anglais dans un commerce. Il n'est pas censé le parler, l'anglais… Le responsable de Wallmart l'a rappelé, et pas que lui… Les radios comme les réseaux sont en boucle sur cette histoire parce que cette question de l'anglais ou du français est devenue explosive ! Le Ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration du Québec a même réagi saluant le calme et la courtoisie d'Henriette : "Cette dame qui s'est tenue debout, qui ne s'est pas excusée". Et ça veut dire que chez Henriette, il y a aussi un acte de résistance, en refusant de répondre en anglais elle revendique par là son droit dans une province de plus en plus considérée comme bilingue, où le français, alors que c'est la langue officielle, est perçu comme secondaire ! Voire agaçant… Les témoignages se multiplient sur les réseaux dans ce sens et, dans l'Histoire du Québec, cet épisode en rappelle d'autres. Les larmes du joueur Marc Antoine Dequois gagnant le championnat de Football en 2023 : Mais Henriette a subi aussi ce qu'on appelle un « Speak White », un « parlez blanc », en référence à des députés canadiens anglophones s'en prenant à député canadien francophone à la Chambre des communes en 1889 ! Le problème n'est pas nouveau mais prend un nouveau tour dans le contexte actuel, alors que le président américain Donald Trump envisage souvent le Canada comme 51e État, et prépare une guerre des taxes tandis que le Premier ministre francophone Justin Trudeau a démissionné… Les « anglo angry » se font plus menaçant et tentent d'imposer un « bilinguisme » à sens unique. L'histoire d'Henriette, selon France Inter :
Pour Henriette, parce qu’on ne cesse jamais d’être soi
Une vidéo circule ces temps-ci dans laquelle on voit une employée d’un Walmart de la région métropolitaine, Madame Henriette, se faire intimider par un client anglophone parce qu’elle ne peut le servir en anglais.
En la visionnant, j’ai oscillé entre une colère sourde et une tristesse pesante. Colère sourde contre le mépris et la suffisance qu’étalait au grand jour l’intimidateur. Tristesse pesante devant la situation de cette femme qui pourtant essuyait l’outrage avec tant de dignité et de maîtrise. Ces quelques secondes m’ont fouetté, elles m’ont rappelé toute la nécessité d’un nationalisme québécois.

Publié le mercredi 22 janvier 2025
Par Georges Mercier, Chroniqueur politique, doctorant en science politique à Sciences Po Paris et chercheur invité à l’Université de Chicago
Car cette vidéo illustre une double domination qu’on croyait dépassée.
Domination linguistique, d’abord : la vidéo témoigne de la confiance de cet homme qui estime légitime son action parce qu’il pense parler la langue du dominant, allant jusqu’à la publier sur le web, afin d’y conforter le mépris des francophones qui y sévit. Il fut un temps où la haine avait davantage de pudeur.
Domination de classe, ensuite : cet homme aurait-il eu le même comportement si, plutôt qu’à une employée de grand magasin, il s’était adressé à l’associée d’un grand bureau d’avocats ? Non, s’il s’est permis cet outrage, c’est qu’il savait pertinemment qu’il avait affaire à quelqu’un qui, au risque de perdre un emploi nécessaire, ne peut se défendre.
Or, qu’est-ce qu’on obtient si on conjugue domination linguistique et domination de classe ? On obtient le Québec d’avant l’émancipation des francophones, cette société où la majorité francophone était activement exploitée par une minorité anglophone qui ne cachait pas son mépris.
Qu’il existe encore ici une domination de classe est regrettable, mais qu’il y existe encore une domination linguistique est un outrage intolérable à la mémoire de ceux et de celles qui ont tant fait pour qu’au moins les francophones du Québec n’aient plus à avoir honte de parler leur langue. Les Québécois comme Henriette seront les premiers à souffrir du déclin de notre langue, c’est aussi par solidarité envers eux qu’on doit la défendre ici.
Pour lire la suite de cet article, merci de suivre le lien suivant :Source : lapresse.ca, le mercredi 22 janvier 2025
Un espace de liberté et de sécurité
Au Québec, une vendeuse devient le symbole des tensions linguistiques entre anglophones et francophones
Au Québec, la vidéo virale d’un client de supermarché anglophone en colère contre une vendeuse qui lui répond en français raconte les tensions d’une région déterminée à préserver la primauté de la langue française.
Par Le Parisien
Le 19 janvier 2025
« Vous ne voulez pas me parler en anglais », s’emporte un homme qui a décidé de filmer ses interactions avec une employée de supermarché en plein rayon. Au Québec, une vidéo virale montre ce client anglophone s’en prendre violemment à une vendeuse, Henriette, qui ne lui répond qu’en français, alors qu’il tente d’intéragir en anglais.
« C’est quoi votre problème à ne pas être capable de me servir en anglais ?, glisse l’homme, ce que vous faîtes est ridicule ! ». La salariée garde son calme : « Je peux vous aider, je dois aller chercher un associé ». Mais son interlocuteur ne décolère pas.
Au Québec, la vidéo fait énormément réagir, jusqu’à Pascal Bérubé, député du Parti Québécois, un mouvement indépendantiste : « Henriette a le droit de travailler en français, comme tous les Québécois Henriette a aussi le droit à son image et au respect. Elle a le droit de ne pas se faire importuner pour les 20 secondes de gloire d’un homme insensible au fait français au Québec. ». La Charte de la langue française indique, en effet, que les salariés du Québec ont le droit d’exercer en français, langue officielle de la province.
Après la diffusion massive de cette séquence, Sophie Durocher, journaliste et animatrice sur QUB Radio s’est emportée : « C’est dégueulasse » avant de qualifier le client agressif d’ « Angry anglo », soit « Anglophone en colère ». Son comparse radiophonique, Benoît Dutrizac, est allé plus loin en insultant l’auteur de la vidéo. « Si tu vis au Québec tu dois apprendre le français, si tu ne veux pas apprendre le français, dégage ! », a tempêté le journaliste, connu pour ses positions conservatrices.
Car cette vidéo de supermarché virale révèle les vives tensions qui agitent la société québécoise, déterminée à préserver la primauté de sa francophonie. La législation de cette province francophone a d’ailleurs été modifiée en 2024 afin de laisser une place plus visible au Français sur les enseignes et étiquettes des magasins.
Source : leparisien.fr, le dimanche 19 janvier 2025
Nous sommes Henriette !
Chanson écrite pour Henriette, héroïne malgré elle.
Dans une époque où les droits linguistiques devraient être bien établis, un incident survenu récemment à Montréal rappelle tristement que la bataille pour le respect du français au Québec est loin d’être terminée.
Une vidéo devenue virale, montrant une employée de Walmart, prénommée Henriette, humiliée par un client exigeant d’être servi en anglais, illustre le mépris encore omniprésent envers les travailleurs francophones.
L’incident Henriette, une employée dévouée, travaillait à sa caisse lorsqu’un client l’a confrontée avec une agressivité démesurée. Face à l’impossibilité de converser en anglais, elle a poliment proposé de trouver un collègue bilingue. Loin de calmer le client, cette démarche a intensifié sa colère.
Filmant la scène pour exposer sa « frustration », l’homme a cru bon de dénoncer publiquement Henriette pour ne pas maîtriser la langue de Shakespeare.
Ce geste ignoble a rapidement fait le tour des réseaux sociaux.
Paroles de la chanson :
Couplet 1
Elle tenait sa caisse, un sourire au visage,
Sous les néons fatigués d’un commerce sans âme.
Quand la tempête gronda, un homme plein de rage,
Pour la langue d’un empire, il lui lança son blâme.
Pré-refrain
Mais Henriette, debout, n’a pas courbé l’échine,
Elle parlait la langue d’ici, la langue des racines.
Refrain
Henriette, ta voix résonne comme un cri de liberté,
Dans la chanson du peuple qui refuse de plier.
Nous sommes des chênes, enracinés dans la terre,
Jamais plus colonisés, fiers d’être solidaires.
Couplet 2
Les murs des grandes surfaces portent l’écho du passé,
Où nos ancêtres servaient, privés de leur fierté.
Mais toi, brave Henriette, tu fais face à l’histoire,
Chaque mot en français est un éclat de victoire.
Pré-refrain
C’est pour toi et tous ceux qu’on voudrait faire taire,
Que la flamme francophone brûle encore, solidaire.
Refrain
Henriette, ta voix résonne comme un cri de liberté,
Dans la chanson du peuple qui refuse de plier.
Nous sommes des chênes, enracinés dans la terre,
Jamais plus colonisés, fiers d’être solidaires.
Pont
Ils peuvent brandir leur mépris comme des chaînes,
Mais nous sommes des enfants de montagnes et de plaines.
Sous chaque affront, naît un hymne de résistance,
Chaque mot en français est une arme, une danse.
Refrain final
Henriette, tu marches dans le sillage des héros,
De Lorimier aux anonymes tombés sous le fardeau.
Le Québec est vivant, sa langue comme un feu,
Un peuple debout, pour ses droits, pour ses dieux.
Outro
Henriette, symbole d’un combat qui ne meurt jamais,
Tant que nos cœurs battent en français,
Nous ne plierons jamais.
Publié par Régis RAVAT le 30 janvier 2025
0 personne aime cet article.
Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net





Identification
Veuillez entrer vos identifiants..
Créer un compte